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Alors que les années se succèdent, le circuit LGB est en panne d'acquisitions...
Puis un jour, au détour d'une promenade dans Montpellier, je tombe en arrêt devant un pressing (oui un pressing !) qui affiche dans sa vitrine des locomotives LGB ! Au départ, je pense qu'il s'agit juste d'une décoration pour le magasin mais quand je vois des petites étiquettes avec des prix, je comprends que tout ça est bien à vendre ! Ni une ni deux, je pousse la porte du magasin... Le garçon timide de 13-14 ans rassemble son courage à deux mains pour aller poser la question. Et la patronne de me dire : " attends ! Ça, c'est mon mari qui s'en occupe ! Serge ! Tu peux venir ici s'il te plaît !" Débarque alors du fond du magasin, entre cintres et costumes, mon futur dealer... Celui qui va flinguer mes petites économies de collégien ! Serge Perrard est un passionné de LGB. Ne trouvant pas de détaillant pour son hobby à proximité, il a tout simplement décidé de devenir détaillant lui-même et de dédier une partie de son immense pressing à la marque de Nuremberg... Voilà comment le Pressing Laissac (à côté des halles du même nom !) est un vendeur officiel de LGB ! Alors, bien sûr, il n'y a pas des tonnes de matériel mais bien entre 20 et 30 pièces qui donnent tout de suite envie de claquer quelques milliers de francs ! Ma toute première commande fut la 2030 ! J'en avais rêvé depuis tellement longtemps de cette loco électrique... Elle allait devenir rapidement mon chouchou (et elle l'est encore, d'ailleurs !). Très rapidement, je lui offris les voitures voyageurs de livrée bleue 3015  ainsi que le petit wagon restaurant 3013. Vous vous souvenez peut-être de cette photo sublime du catalogue où on voit cet attelage passer au-dessus d'un petit torrent des Alpes ! J'en ai rêvé, le Pressing Laissac pour moi l'a fait ! Voici donc la naissance du convoi star de mon réseau : L'Express des Neiges ! Un nom idéal pour rebaptiser dans la foulée les gares et les destinations de mon circuit estival... La gare principale est d'emblée baptisée VILLEFORT, célèbre station lozérienne de mon cher Cévenol... En attendant sans doute le jour où sera créée la gare de LA BASTIDE PUYLAURENT... !! Il s'agit en réalité d'une vieille ferme en bois réalisée après-guerre par des prisonniers allemands pour mon oncle et ma mère, alors enfants... 

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Après l'express des Neiges, arrivera la superbe locomotive vapeur 2080 D payée à l'époque 2000 francs car d'occasion mais quasi neuve car ayant vécu toutes ces années sous une cloche à fromage ! Il est vrai que Serge m'aime bien... Il me fait des prix, comprenant bien évidemment que toutes mes économies passent dans ce dispendieux hobby... Et puis c'est vrai que je suis son plus jeune client !! Viendront ensuite une autre voiture voyageur rouge du RhB (3063) qui va passer son temps à perdre ses portières dans les virages !!! Ce que cela a pu m'énerver cette histoire de portières !) puis la moitié d'un autorail viendra conclure l'aventure (un motrice 2065 qui se verra affublée des lettres TLR et des bandes bleue, orange et verte, couleurs du logo du Languedoc Roussillon ! Histoire de donner au réseau une touche locale, à l'instar de cet ancêtre du TER qui nous montait en Lozère tous les étés !) ... Car malheureusement, le pressing va mettre les clés sous la porte pour devenir un FRIO... La période Pressing Laissac a eu son importance car elle m'a permis de rencontrer des gens tout aussi passionnés que moi. Je n'ai jamais eu de nouvelles de Serge. Il est parti à la retraite après ça. Un club LGB régional devait se créer mais je crois que ça n'a pas duré...

C'est en fait un magasin de jouets anciens situé rue d'Obilion, qui va reprendre le flambeau. Une boutique étrange perdue dans une rue pas du tout passante... On y trouve pêle-mêle des vieilles poupées en cire, des Dinky Toys en abondance, des vieux jouets mécaniques à ressorts et aussi des trains électriques... Le vendeur perdu derrière son comptoir et ses lunettes aux verres épais est un peu comme un rat malin dans sa tannière... il y flotte en permanence une forte odeur de tabac (un truc impensable aujourd'hui !). C'est dans ce joyeux foutoir nicotinien, qu'il faut venir chercher trace de LGB... Soit ! Même si le contact est nettement moins affectueux qu'au pressing Laissac, il reste néanmoins convivial et surtout, le stock en boutique permet de craquer immédiatement et plus souvent !!! C'est en fait ici que les dernières acquisitions des années 88-90 vont se faire ! Un nouveau wagon rouge de la DB (3073) vient s'acoquiner avec celui de la RhB ! Il est vrai qu'à cette époque-là, je suis loin de me soucier de faire des attelages invraissemblables ! C'est aussi cette absence de réalisme qui va me pousser à investir dans des éléments de gare PLAYMOBIL, moins chers et plus faciles à trouver... (quais, arrêts de tramway, gare marchandises, buffet snack).  Il y a quand même des limites à la Playmobilisation : Je refuse net d'acheter la gare voyageurs que je ne trouve pas du tout réaliste... Je vais en revanche craquer pour ma première maquette POLA en achetant le modele de Kleinbach qui deviendra le corps de bâtiment de la gare de VILLEFORT, jusqu'ici matérialisée par une façade en carton, couverte de feuilles de textures pour du HO... et qui souffre beaucoup à la moindre averse provoquée par l'arrosage automatique ! La ferme, elle,  continue sa vie de gare secondaire sous le nom de FERMEVILLE ou BELLEVINE (ça dépend des étés !) Les quais sont faits avec des briques d'un réalisme évidemment parfait ! et le réseau de tourner inlassablement chaque année autour du Massif Central (de fleurs ! ) le gravier au sol permet un ballast parfait, même s'il est un peu grossier et la possibilité d'incliner la voie dans les virages pour éviter les sorties de piste en cas d'excès de vitesse... Avec l'arrivée de la superbe voiture voyageurs 3061 et d'un coffret travaux (la loco orange que je déteste dans le chapitre II), ce seront les dernières acquisitions du réseau du jardin qui auront lieu avant de nombreuses années... Déjà l'achat du Tramway avec mes économies du BAC (près de 3000 francs à l'époque!) marquait la fin d'une période. Celle où il devient difficile d'avouer à ses camarades qu'on passe son weekend à jouer au train électrique...
La fermeture de la boutique Jouets d'Antan en est d'ailleurs tout un symbole...